Les souterrains-refuges

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Les souterrains aménagés offrent en général (avec de multiples variantes) les caractéristiques suivantes

 

*     entrées cachées ou camouflées;

*    galeries étroites, à largeur et hauteur d’homme, creusées dans le roc, avec des coudes fréquents à angles droits, surveillés souvent par des conduits horizontaux (ex : trous de visée) et aboutissant à des portes, disparues aujourd’hui mais marquées de feuillures de fermeture, donnant accès à des salles souterraines

*    salles souterraines aménagées pour l’habitat temporaire avec banquettes et même lits taillés dans le roc, alvéoles pour l’éclairage, niches, parfois fosses ovoïdes (ex : silos) et conduits verticaux (ex : trous d’aération) rejoignant la surface. L’accès de ces salles se fait en certains cas par des goulots très étroits, plus ou moins longs (1 m environ) laissant à peine le passage d’un homme.

 

Voir La Tourballière

 

Voir Pont-de-Ruan  (passionnant !!!)

avec localisation, plan et description détaillée

 

 

    Il s’agit de souterrains aux formes plus ou moins géométriques, bien taillés (dans la mesure où la roche le permet), présentant un plan plus ou moins complexe où alternent des chambres et des couloirs.

L’entrée peut se faire par un puits (ou artificiellement par un effondrement) mais la règle quasi générale est une descente qui pouvait être en pente douce ou munie de marches. Ce couloir étroit, d’environ 0,75 m de large, présente plusieurs coudes successifs à angle droit. Au début de la descente le toit de la galerie peut être voûté en pierres sèches ou maçonnées ou plus simplement formé par la juxtaposition de grandes dalles de pierres (de silex, par exemple, dans le Châtelleraudais).

 

    L’hypothèse généralement admise pour interpréter les souterrains aménagés est celle de la défense, c’est-à-dire de la défense passive. Cette hypothèse s’étaye sur la découverte de nombreuses traces d’aménagement pour des animaux (mangeoires, crochets) mais ceci dans les premières salles qui peuvent avoir été réutilisées à des époques récentes. On imagine aisément que les habitants d’un hameau ou d’un village creusèrent de tels souterrains pour se réfugier à chaque incursion de bandes armées brigands ou seigneurs en luttes perpétuelles. De tels abris sont connus dans les plaines du Nord de la France (notamment à Naours, près d’Amiens) ou en Turquie, où de véritables villes souterraines sont en cours d’étude. L’entrée, qui pouvait prendre dans un bois ou dans un bâtiment, une fois masquée, la population attendait dans son abri que le danger passe.(3)

 

*    La Tourballière (2)

 

La Celle-Saint-Avant, 1,600 km O.-N.-O. X = 469,900; Y = 226,700 (Sainte-Maure 7-8). J). 296, Château de la Tourballière, Ripault (André).

 

Sous l’ancienne gentilhommière en ruines. On pénètre dans ce sou­terrain par une descente voûtée en plein cintre, qui s’ouvre sous l’angle Est. Une première partie de l’ouvrage, presque entièrement appareillée, comporte un long soupirail, également voûté, de 0,50 m x 0,50 m, remon­tant vers l’extérieur, deux petites tours et un puits à eau. Au delà, un couloir taillé dans le roc mène à une première bifurcation au-dessus de laquelle part un nouveau soupirail maçonné de section rectangulaire de 0,30 m X 0,60 m. D’un côté, on est amené à une grande salle allongée (F), d’où part un couloir coudé conduisant à une chatière de 0,45 m X 0,50 met 0,70 m de longueur qui débouche dans une petite salle ovale pourvue de deux trous d’aération. De l’autre côté, une partie du couloir, obstruée en G, était contrôlée par un trou de visée horizontal issu d’une alvéole de la salle F. Une dernière salle (H) comporte une alvéole d’où  partait peut-être un autre conduit aujourd’hui détérioré.

Ce souterrain est malheureusement encombré de remblais qui doivent dissimuler bien d’autres éléments de sa structure ou de son aménagement.

 

 

*    PONT-DE-RUAN — Le Château Robin

 

 

Pont-de-Ruan 1,500 km O. - N.-O.  X = 465,380 ; Y = 253,220 (Langeais 3-4). A 272, Château-Robin, Guyon de Montlivault (René).

 

 

Dans le coteau rive droite de l’Indre, à quelque 50m de la rivière, au bord du C.D.84. C’est le plus ancien ouvrage décrit de la région et, indispensablement aussi, le plus complexe avec ses quatre étages, creusés en grande partie dans un mauvais calcaire pétri de rognon de silex..

 

Des trois ouvertures actuelles situées au niveau de la route, celle du milieu (A) est la seule qui réponde à une interprétation « fonctionnelle » de la partie inférieure de l’ouvrage. Cette entrée, sans aucun doute remaniée aujourd’hui, se fermait par une porte dont la trace du linteau subsiste au plafond, et donnait accès à une première grande salle B par une chatière de 0,60 m X 0,40 m, ouverte à hauteur et flanquée d’un trou de visée juste à côté. Les autres passages actuels, qui ne se concevraient pas conjointement avec la chatière, ont dû être ouverts par la suite. Cette salle B, de près de 10 m de longueur et comportant un pilier réservé communique par un passage rétréci muni de feuillures avec une autre salle C, trapézoïdale, plus étendue encore et également avec pilier de soutènement. Au fond, un escalier s’enfonce en tranchée dans le sol et conduit a un étroit couloir, coudé et surbaissé au début, puis sinueux et plus élevé (1,70 m) par la suite. C’est le fameux couloir malaisé et inondé qui m’a laissé de si mauvais souvenirs  et qui, en fait, ne recèle guère que 0,50 m d’eau sur une longueur d’environ 20 m. Après un développement total d’une trentaine de mètres, il aboutit a un goulot des plus typiques, de 0,50 m x 0,55 m de section et 0,90 m de longueur, lequel débouche dans une grande salle terminale a deux piliers réservés, de 8,50 m x 8 m dans ses plus grandes dimensions.

 

Si maintenant nous revenons a la première salle B, nous y trouvons a l’Est un petit couloir coudé qui conduit, après feuillure, à une salle E. Il s’y ouvre un couloir ascendant, avec un escalier pour ainsi dire en vis, qui mène à une salle supérieure (F). Au fond (le celle-ci, une petite galerie surbaissée aboutit à un goulot vertical de 0,60 m X  0,45 m qui mène à l’étage le plus élevé de l’ouvrage.

                                                                             

Ce dernier, très endommagé, se réduit aujourd’hui à une entrée coudée ouverte sur le coteau et munie de deux systèmes de feuillures successifs, conduisant, d’une part au goulot vertical ci-dessus,  d’autre part, à une entrée latérale à une grande salle irrégulière, éventrée et en partie détruite par d’énormes éboulements. A noter un trou de visée à côté de l’entrée. D’autres portions de cavités restent visibles, attestant des extensions de ce niveau supérieur et peut-être des communications avec d’autres parties inférieures. Il existe notamment sous les éboulis, les restes d’une salle asSez  importante.

 

Il n’est pas possible de dissocier cet ouvrage de la «  Butte » située juste au-dessus sur le rebord du plateau, motte de défense entourée de deux fossés larges et profonds et d’un énorme vallum demi-circulaire couvrant la fortification côté plateau, alors qu’elle surplombe le coteau abrupte du côté de l’Indre et commande toute la vallée. Il parait bien probable que la communication ait été assurée, entre la motte et les parties supérieures du souterrain, par un dispositif d’escalade dissimulé dans les branches le long du coteau, où se voient des trous superposés ayant probablement répondu à cette fin.

 

En résumé, souterrain qui. bien qu’amputé dans ses parties supérieures et assez remblavé dans les inférieures, revêt pour la région un intérêt exceptionnel par la complexité de sa structure verticale et par son association à un remarquable site de défense féodal.

 

 

 

 

 

 

 

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